Archives annuelles : 2009

Marrakech in Tel Aviv

November 2, 2009

at 8 p.m.

at the French Institute in Tel Aviv

7 Rothschild Blvd.

Bookings: 03-7968000

 

Daniel Sibony

Presents his book

 

Marrakech, the Departure

Novel

Published by Odile Jacob

 

 

Marrakech, the Departure is a first novel filled with memories and sensuality, but also marked by the thoughts of a writer who is mainly known for his essays. Well-renowned psychoanalyst, Daniel Sibony is the author of about thirty works, most of them in the psychoanalytical vein. Like him, his narrator is born in Morocco, in the Medina of Marrakech. And like him, as well, he is a writer. Back to the land of his childhood where he plans to finish a novel, the main character is caught between two inner trips: a love story with a young woman and the outburst of memories, which make him return to the departure point. Brilliantly joining the two narrative streams, Daniel Sibony sinks into a colourful and delicious past filled with beautifully strange words (in Arabic or Hebrew), but also with the feeling that the departure and the finishing lines mysteriously meet and become one.

 (Raphaëlle Rérolle – "Le Monde", July 17, 2009.)

 

    No matter where you come from, if you are sensitive to the questions of identity, exile and a new beginning; if you are not too much into nostalgia only, then this book is really for you. It is a great read.

 

 

    Daniel Sibony: writer, psychoanalyst, author of about thirty novels like: The Challenge of Being – Analysis of Therapies; Creation – Essay on Contemporary Art; Middle-East – Psychoanalysis of a Conflict (Seuil) and Biblical Readings (Odile Jacob).  

 

www.danielsibony.com

 

Marrakech, le départ à Tel Aviv

Le 2 novembre 2009

à 20h

à l’Institut Français de Tel Aviv

7 bd Rothschild

Inscription : 03-7968000

 

Daniel Sibony

présentera son livre

 

Marrakech, le départ

Roman

paru chez Odile Jacob

 

 

C'est un premier roman tout imprégné de souvenirs et de sensualité, mais aussi des réflexions d'un homme qui s'est déjà largement distingué par ses essais. Psychanalyste de renom, Daniel Sibony est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages consacrés, notamment, à la psychanalyse. Comme lui, son narrateur est né au Maroc, dans la Médina de Marrakech. Et comme lui, il est écrivain. De retour sur les lieux de son enfance, où il compte terminer un roman, ce personnage se trouve soudain pris entre deux voyages intérieurs: celui de la rencontre amoureuse avec une femme rousse et celui de la mémoire, qui le ramène à son point de départ. Entremêlant habilement les deux récits, Daniel Sibony plonge avec délectation dans un passé tout rempli de saveurs et de couleurs, de mots étranges et beaux (en arabe ou en hébreu), mais aussi du sentiments que le lieu du départ et celui de la destination finissent, d'une manière mystérieuse, par se rejoindre et se confondre. (Raphaëlle Rérolle – "Le Monde" du 17 juillet 2009.)

 

    D’où que vous soyez, si vous êtes sensibles aux questions d’identité, d’exil, de nouvelle vie…, si vous n’êtes pas très portés sur la seule nostalgie, lisez ce livre.

 

 

    Daniel Sibony, écrivain, psychanalyste, auteur d’une trentaine de livres dont: L’enjeu d’exister-Analyse des thérapies; Création-Essai sur l’art contemporain; Proche-Orient-Psychanalyse d’un conflit (au Seuil) ; Lectures bibliques (Odile Jacob).

 

 

www.danielsibony.com

Marrakech à l’Espace « Des femmes »

 

20 octobre 2009

 

à l’Espace « Des femmes »

35 rue Jacob, Paris VIème

à 19h

 

Présentation du livre

Marrakech, le départ

Roman

paru chez Odile Jacob

par Daniel Sibony

 

C'est un premier roman tout imprégné de souvenirs et de sensualité, mais aussi des réflexions d'un homme qui s'est déjà largement distingué par ses essais. Psychanalyste de renom, Daniel Sibony est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages consacrés, notamment, à la psychanalyse. Comme lui, son narrateur est né au Maroc, dans

la Médina

de Marrakech. Et comme lui, il est écrivain. De retour sur les lieux de son enfance, où il compte terminer un roman, ce personnage se trouve soudain pris entre deux voyages intérieurs: celui de la rencontre amoureuse avec une femme rousse et celui de la mémoire, qui le ramène à son point de départ. Entremêlant habilement les deux récits, Daniel Sibony plonge avec délectation dans un passé tout rempli de saveurs et de couleurs, de mots étranges et beaux (en arabe ou en hébreu), mais aussi du sentiments que le lieu du départ et celui de la destination finissent, d'une manière mystérieuse, par se rejoindre et se confondre. (Raphaëlle Rérolle – "Le Monde" du 17 juillet 2009.)

 

                D’où que vous soyez, si vous êtes sensibles aux questions d’identité, d’exil, de nouvelle vie…, si vous n’êtes pas très portés sur la seule nostalgie, lisez ce livre.

 

 

                        Daniel Sibony, écrivain, psychanalyste, auteur d’une trentaine de livres dont: L’enjeu d’exister-Analyse des thérapies; Création-Essai sur l’art contemporain; Proche-Orient-Psychanalyse d’un conflit (au Seuil) ; Lectures bibliques (Odile Jacob).

 

 

www.danielsibony.com

Les conférences de séminaire 2009-2010

 

Année 2009-2010

 

Les  Conférences  de

Daniel Sibony

reprennent cette année sous le titre:

 

Symboles, jouissances, pouvoirs

 

Histoires de corps (suite)

 

 

 

Première séance:

QUESTIONS D'ÉTHIQUE  éthique de l'être, éthiques en vogue

le 18 novembre 2009 à 20h

 

* LE CONTINENT DU FÉMININ pourquoi "noir"? le 16/12/2009

* L’HUMOUR, le 20/01/2010

 

 

Les conférences suivantes auront lieu les 24 février; 24 mars; 21 avril;

26 mai; 23 juin et leurs titres seront annoncés en janvier.

 

Les séances ont lieu à L'Hôtel de l'Industrie,

4 place Saint-Germain des Prés

Paris VIè.

 

        Chaque séance sera suivie d'un débat d'une demi-heure sur le thème:

L'ACTUALITÉ et ses NON-DITS

 

Entrée: 15 euros, étudiants: 5 euros

Information: 01 45 44 49 43 – contact@danielsibony.com

site: www.danielsibony.com

Conférences en octobre – novembre 2009

 

          *   Mercredi 14 octobre 2009, 21h, une conférence de Daniel Sibony: "Violence, psychanalyse et judaïsme", organisée à Marseille par l'Institut interuniversitaire d'études et de culture juives en partenariat avec le Centre Edmond Fleg de Marseille: http://www.centrefleg.com/agenda-culturel/pop-up-agenda/agenda-oct-09-conference-judaisme.html - dans le cadre d'un cycle de conférences "psychanalyse, dialogue et lien social" – http://www.ch-edouard-toulouse.fr/Psychanalyse-Dialogue-et-Lien.html - : www.univmed.fr/iecj - Retenez votre place au Centre Fleg : 4 impasse Dragon – Marseille, Tél 04 91 37 42 01

 

         *  Jeudi 15 octobre 2009, 19h30, Cocktail, à la Maison du Danemark, Marrakech, le départ, "entre fiction et réalité, entre deux langues…"… 142 av des Champs-Élysées, Paris 8è – www.maisondudanemark.dk – entrée libre.

 

          *    Mardi 20 octobre 2009, 19h, Présentation de Marrakech, le départ à l'Espace des Editions "Des femmes", 35 rue Jacob, Paris 6è –

 

        *   10 novembre 2009, 20h30, Centre Medem, 52 rue René Boulanger, Paris 10è 

  

       *   18 novembre 2009, 20h – Début du cycle des Conférences de Séminaire, avec: Questions d'éthiques – éthique de l'être éthiques en vogue– 4 place Saint-Germain-des-Près, Paris 6è – 01 45 55 49 43

 

         *   Dimanche 29 novembre 2009 de 21h à 22h30, "Humour et judaïsme" – Réserver au 06 60 28 82 82 – haliouab@yahoo.fr – au Sofitel Pullman, 8 rue Louis Armand, Paris 15ème, avec Daniel Sibony, Michel Boujenah, Isabelle Botton…

En marge du meurtre de Milly-la-Forêt

Cet article est paru dans Le Figaro du 6/10/09

sans les passages en caractère gras.

 La loi ne doit pas se mettre à son compte.

 

Une société peut punir les déviances, mais les rendre impossibles supposerait qu’elle soit folle ou obsédée. En fait, il y aura toujours des déviants, des tueurs, des gens qui jouissent de violer et de voir leur victime agoniser dans leur jouissance. (Les normaux parlent de petite mort, et eux en font un vrai meurtre; ils sont "accrocs" à l'orgasme absolu où jouissance et mort coïncident.) Pour qu’ils ne soient plus en activité, le bon sens exige qu’on les mette à l’ombre pour toujours. Or ce sont des malades ; donc la loi met des limites à leur emprisonnement, et de façon assez curieuse : après s’être fait payer, en années de geôle, la dette qu’ils doivent au social pour le mal qu’ils lui ont fait, elle veut bien qu’on les soigne. On aurait pu le faire avant, mais il semble qu’ils doivent d’abord «moisir» en cellule pour qu’ensuite on avise.

On croit même avoir la panacée : les castrer chimiquement, oubliant que, pour eux, le couteau peut remplacer leur virilité, que d’ailleurs il « complète ». Outre que cela rappelle à beaucoup les mœurs dites barbares où l’on coupe la main du voleur qui récidive (c’est-à-dire de tout kleptomane), il est clair que le remède ne sera pas purement technique. Une technique résout un problème et en pose plusieurs autres – qui seront « traités » à leur tour d’une façon qui en crée d’autres, etc. En tout cas, c’est aux limites de la loi, ou de son application, que les pervers dangereux comptent sur la souplesse du système et sur son humanité pour rentrer dans le jeu et reprendre du service. En quoi ils ont la même logique que les terroristes : utiliser toutes les ouvertures du droit au profit de leur obsession, qui est de sacrifier l’autre à leur jouissance. Là encore, le bon sens a la réponse : durcir la loi, la rendre féroce. Il semble au contraire plus pertinent, au lieu de laisser croupir en prison des gens qu’on peut soigner, de rendre la loi encore plus souple mais plus présente et plus active : il faut établir plus qu’un dialogue, une vraie dialectique entre la loi écrite, toujours formelle, et la loi orale, c’est-à-dire la parole des juges et des instances d’application (et de l’équipe soignante, quand il y en a).

Ce qui est révélé dans ces moments de crise, c’est un énorme besoin de parole vive et de jugement : les juges, au lieu d’appliquer la loi de façon automatique, peuvent faire preuve de jugement et adjoindre au texte, toujours un peu figé, une parole et une pensée en éveil. En l’occurrence, cet homme qui a déjà violé une mineure s’est acharné à vouloir loger tout près d’elle, lors d’une précédente libération, signe qu’il fallait déjà le soigner vu que son symptôme se révélait plus fort que tout. Or la loi et les directives ont été simplement «appliquées». Le juge d’Outreau aussi n’a fait qu’appliquer. Et c’est lorsqu’on élude ce travail de la pensée et de la parole partagée que l’émotion passe en direct dans l’écriture des lois. La loi écrite n’est pas la vérité, elle est un repère autour duquel on peut parler, penser, interpréter, anticiper les effets, dans un sens d’un plus de vie plutôt que d’un plus de pouvoir. (Le pire étant d’appliquer bêtement les textes pour coincer leur auteur ou montrer ses limites.) Concrètement, à la sortie de prison, on doit faire preuve de jugement quant à savoir s’il s’agit d’un vrai retour à la vie ; et ce jugement, comme tout acte de loi, doit comporter de la rigueur et (pardonnez le mot) de la grâce. Cela ne va pas de soi. Par exemple, la justice à Los Angelès dans l'affaire Polanski est sans grâce aucune: la loi semble impatiente de s'appliquer alors que les trente ans qui ont passé ont démontré que si on l'avait appliquée en son temps, c'eût été à tort: l'homme a été exemplaire, il a payé par trente ans d'exil, la fille a retiré sa plainte… Mais c'est ainsi; il arrive que la loi travaille pour son propre compte alors qu'elle est faite pour faire vivre les hommes et non pour les prendre en otage de son système.

C'est là une rare occasion de réfléchir, une occasion offerte par le hasard. Car il n'est pas fréquent, en principe de récuser un jugement en disant que si on l'applique ce sera à tort; car on le ferait de tout jugement; et qu'est-ce qui permet de dire que "ce sera à tort"? Mais en l'occurrence le temps réel a passé et la preuve est faite, après coup que c'eût été à tort. Et cela peut servir lors de certains jugements à se projeter dans l'avenir, par la pensée, pour se demander si le verdict que l'on impose ne va se révéler faux, injuste…

La grâce implique d’avoir deux poids deux mesures ponctuellement (et non pas constamment), et cela contrarie beaucoup nos lubies égalitaires qui exigent que la vie traite tout le monde de la même façon – ce qu’elle refuse absolument.

En attendant, constatons que nous payons un lourd tribut aux pervers dangereux, à ceux qui sont pris dans un lien total qui prime sur tout, même sur la vie. Une femme ne peut pas courir seule et sans peur dans une forêt et fusionner comme elle veut avec la nature. De même que, homme ou femme, on ne peut pas se promener dans certaines contrées sans risquer l’enlèvement. Tous ceux qui prennent l’avion donnent aussi une heure de leur temps, comme une offrande aux terroristes, pour un peu plus de sécurité. Eh oui, tout le monde doit payer, tant que la loi n’est pas mieux ajustée à son objet vivant ; et pour qu’elle le soit, il faut parfois la secouer, voire la violenter ; mais comme a dit un sage : parfois, l’annulation de la loi c’est sa fondation même. Il l'a dit bien avant qu'un certain Jésus essaie aussi de la mettre en acte.

            Dernier ouvrage paru (juin 2009): Marrakech, le départ, roman, chez Odile Jacob.

MARRAKECH, LE DEPART – Roman – Réactions de lecteurs

Réactions de lecteurs:

Raphaëlle Rérolle

"Le Monde" du 17 juillet 2009.

C'est un premier roman tout imprégné de souvenirs et de sensualité, mais aussi des réflexions d'un homme qui s'est déjà largement distingué par ses essais. Psychanalyste de renom, Daniel Sibony est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages consacrés, notamment, à la psychanalyse. Comme lui, son narrateur est né au Maroc, dans la Médina de Marrakech. Et comme lui, il est écrivain. De retour sur les lieux de son enfance, où il compte terminer un roman, ce personnage se trouve soudain pris entre deux voyages intérieurs: celui de la rencontre amoureuse avec une femme rousse et celui de la mémoire, qui le ramène à son point de départ. Entremêlant habilement les deux récits, Daniel Sibony plonge avec délectation dans un passé tout rempli de saveurs et de couleurs, de mots étranges et beaux (en arabe ou en hébreu), mais aussi du sentiments que le lieu du départ et celui de la destination finissent, d'une manière mystérieuse, par se rejoindre et se confondre.

Abner Bagdadi (Los Angelès)

L’essentiel c’est l’esprit ; et ce livre Marrakech, le départ n’en manque pas. Je me suis embarqué dans sa lecture, et je n’ai pu m’en séparer sans aller jusqu’au bout.  Ce n’est qu’au petit matin que j’ai lu la dernière phrase. J’ai eu besoin de regarder longuement le ciel bleu qu’il y avait ce jour-là pour me remettre de mes émotions.

Les mots du livre sont bouleversants, pleins d’humanité, ils disent comment l’âme peut s’épanouir dans un monde que les autres prennent comme un état de souffrance, de pauvreté, et qui souvent ne l’est pas vraiment. La critique des fous de Dieu fait plaisir : des mots justes et subtils qui prennent soin de n’offenser ni les croyants ni les penseurs.

Le narrateur s’offre sans fard, avec une pureté et une humilité qui donnent à rêver. C’est une immense page de l’histoire qu’il nous tend comme une offrande sans accuser personne, pas même le soleil brûlant. Et la partie sensuelle est troublante, elle est comme un chuchotement délicat, une sorte d’aspiration au bonheur qui accompagne furtivement tout le récit  pour aboutir à une explosion rarement décrite avec une telle intensité, qui la rend unique.

Beauté, élégance, générosité de l’esprit.

 

Sonia Schoonejans (Paris)

Lire Marrakech, le départ  a été un plaisir total, celui de l’écriture bien sûr, et de cette joie d’exister qui court tout le long du livre comme le murmure d’un ruisseau clair, limpide, qui donne envie de le faire lire à ses amis, et plus encore à ces plaintifs ou grincheux de l’existence dont on est parfois entouré.

La description de Marrakech, de l’enfance, est pleine de saveurs, d’odeurs, de bruits. L’auteur nous enveloppe d’une douce nostalgie. Et tout ce qui touche au désir (ou au manque de désir) est bien vu.

J’aime aussi les petits messages qu’il fait passer entre (et dans) les lignes, comme par exemple la construction des murailles payée par l’impôt imposé aux non-musulmans, les petites vexations, les grosses injustices, et le rappel que le Maroc avait lui aussi ses colonies – où il s’agissait d’esclaves et non de « protégés ». J’ignorais, et le livre nous l’apprend, que le roi du Maroc avait fini par céder aux pressions de Vichy et que le débarquement américain a sauvé la communauté in extremis de la déportation.

Ses descriptions sont superbes, comme celle du groupe d’études talmudiques et tout ce qu’il dit sur la langue (les mots qui, en hébreu, deviennent poétiques) : je patienterai désormais sans souffrir dans les administrations en sachant que l’orékh rouah (le souffle large) est un attribut divin.

Ses premières expériences « amoureuses » sont hilarantes, écrites avec tant d’humour que je riais toute seule en les lisant. Mais cela devient puissant quand il revient dans sa maison natale. Le livre est animé d’un bout à l’autre par la voix de l’auteur, à la fois joyeuse, curieuse, généreuse, ironique parfois. Et quand l’écriture vain atteint sa vitesse de croisière, elle file, évidente, pour nous offrir ce livre-cadeau comme un acte de vie.

Vive Haïm![1]

 

Claude Tapia (Paris)

Auteur de plus trente ouvrages d’orientation psychanalytique, D. Sibony s’est attaqué dans ses essais à tous les grands problèmes ou énigmes de notre époque : l’amour, le désir, le racisme, la violence, le fanatisme, l’art …. De manière inhabituelle il nous offre ici un roman. La fiction qu’il nous propose se disloque dès le départ pour laisser apparaitre son véritable projet : définir une version toute personnelle de la méthode autobiographique – bien connue en sciences humaines - visant à masquer et dévoiler en même temps les désirs et phantasmes du présent et les lancinants déchirements du passé. En remettant ses pas dans ceux de l’enfant qu’il a été dans les lieux mêmes qu’il a quittés depuis près d’un demi-siècle, il nous livre par bribes et par alternance les constituants d’une culture disparue brassant les cultes, les traditions, les mythes et d’autre part les tribulations d’un adolescent , en quête de repères et de certitudes dans un espace géographique et social escarpé, anxiogènes quoique familiers, cheminant vers le monde des adultes. C’est en cela que le récit de Sibony est plus qu’un roman, plus qu’une autobiographie, plus qu’une enquête anthropologique. Tout cela en même temps, sans doute.

Ce livre témoigne d’un formidable amour de la vie.


[1] . Ce mot hébreu signifie « la vie » ; et c’est le nom du narrateur.

Il n’y a pas que la « réal politik »

         J'ai suivi l'élection du Directeur Général de l'UNESCO sans trop d'inquiétude. "Si c'est l'Egyptien qui passe, me disais-je, ce sera un malheur mais qui aura son aspect positif: on verrait en pleine action, sur une scène bien visible, cet homme et ses semblables, ceux qui parlent le même langage que lui; et le monde verrait comment ils pensent, ce qu'ils préconisent, etc." Mais ça, c'est ce qu'on se dit pour ne pas avoir trop mal quand le coup approche. Au fond de moi, j'espérais que le Dieu du Livre ferait, au dernier moment, un petit miracle. Je dis bien: le Dieu du Livre, pas forcément du Livre hébreu, car cet homme avait déclaré "qu'il brûlerait lui-même les livres en hébreu s'il les trouvait dans les bibliothèques". Bien sûr l'hébreu n'est pas une langue quelconque; même les théologiens chrétiens du Moyen-Age disaient que le monde a été créé en hébreu avant que les savants de la Renaissance ne rectifient: il a été en langue mathématique et que nous en venions à penser que  la Création c'est le feu de l'être qui anime toutes les langues… Mais bon, le Dieu du Livre, celui dont tous ceux qui font un livre sont un peu les serviteurs, ce Dieu insituable qui brille dans toutes les écritures lorsqu'elles ont un éclat, lorsqu'elles font une trouvaille, ne pouvait pas rester indifférent. Et pour perdre notre homme, voilà qu'il lui a balancé une femme dans les pattes qui l'a fait glisser. Pourtant l'Amérique était favorable à son élection, elle a dû vendre assez cher son accord à l'Egypte. Israël aussi n'était pas contre, il a dû aussi bien vendre sa voix.  La France était carrément pour; on sait que sur la scène mondiale, elle est encore trop souvent à double face, (si cela pouvait lui donner plus de surface…, mais est-ce le cas?) Bref, la réal politik allait bon train, jusqu'à ce glissement salutaire.

         Voyons plus loin. Le même réalisme politique a vu s'amenuiser l'ambition d'Obama sur le Proche-Orient: il n'a pu obtenir qu'une chose, que les deux adversaires se touchent la main. C'est ce qui arrive lorsqu'on aborde ces problèmes par leur aspect extérieur, alors qu'en dedans il y a un gros volcan spirituel qui demande une autre écoute que "réaliste". Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait rien à faire, au contraire, il s'agit de rendre ce conflit vivable. Et je suis sûr qu'il y aura là-bas souvent la paix; même si la paix définitive se révèle un fantasme. Ce n'est pas si mal: "souvent la paix". C'est comme dans la vie, dans celle de chacun: de grandes étendues paisibles entrecoupées d'explosions, de déchirures, de crises. Que diriez-vous si un expert vous proposait de donner à votre vie une solution définitive pour qu'après vous ayez enfin la paix, pour toujours? Eh bien là-bas, c'est comme dans la vie, c'est même un symbole des conflits intrinsèques à la vie: cassures identitaires, partages de l'origine… Bref, la totale difficulté. Mais c'est paisible en ce moment, très paisible: j'ai passé l'été là-bas, pas une ombre de terroriste. Est-ce que ces gens seraient devenus plus raisonnables soudain? Non, cette sérénité est due au travail méticuleux des forces qui s'occupent chaque jour de combattre le terrorisme. Pour que les autres puissent respirer, être à la plage, se promener, travailler…

         Au fait, ici aussi, en France, on ne parle plus de terrorisme. Serait-ce que ces gens sont devenus soudain très raisonnables? ou serait-ce dû au travail méticuleux qui se fait à la source, surtout en Afghanistan, grâce aux forces américaines et… françaises? Il faudra donc réfléchir en profondeur avant de retirer celles-ci. Il ne faudrait pas que le réalisme superficiel impose sa loi. Le réel est plus caché, voire indicible, mais il est bien réel. Ou si l'on préfère, il n'y a pas qu'une réalité, et le réalisme a plusieurs niveaux.

                                                                 

          Daniel Sibony, vient de publier un roman, Marrakech, le dÉpart, chez Odile Jacob www.danielsibony.com

Marrakech, le départ

mai 2009

Marrakech, le départ

roman

de Daniel Sibony

vient de paraître chez Odile Jacob

 

 

* En librairie le jeudi 7 mai

* Sur France 2, la Source de vie, Josy Eisenberg

le dimanche 10 mai à 9h30 

* A l'Hôtel de l'Industrie, le mercredi 13 mai, conférence de Daniel Sibony: Corps et âme – l'espace entre-deux-corps

* A la librairie "L'arbre à lettres", en bas de la rue Mouffetard, 2 rue Edouard Quenu, Paris 5è

le dimanche 17 mai à 12h, une signature

 

"A l'occasion d'un week-end à Marrakech, un romancier évoque son enfance là-bas, tout en vivant une rencontre amoureuse.

Sur les lieux de ses origines, l'exilé voit remonter toutes les images qui font revivre son enfance et sa jeunesse, entre bien-être et misère, bonheur et détresse, exil et ancrage dans une tradition millénaire où ce qui l'emporte, c'est le désir lancinant du départ.

Daniel Sibony en profite pour lever quelques voiles sur son roman des origines, celles d'un juif né en terre arabe."

 

www.danielsibony.com