Archives mensuelles : septembre 2021

Mon nouveau livre L’Expiation dans la pandémie, à lire d’urgence pour s’y retrouver un peu


couverture l'expiation

Nous allons aujourd’hui parler de votre tout dernier livre l’expiation dans la pandémie qu’est-ce qui vous a fait écrire ce livre ?

Chez moi c’est un réflexe que de ne pas subir et ça me mène à réfléchir, à penser et cela a produit cette petite psychanalyse de la gestion de la pandémie dans les pays occidentaux. Ça s’est écrit, sur le coup depuis mars 2020, et non après-coup, j’ai suivi les paradoxes, les contradictions, les mensonges aussi. J’avais tous les outils, notamment mes travaux sur la technique, et même, comme cette gestion a ravagé notre rapport au temps, je venais de publier un livre sur le temps qui s’appelle à la recherche de l’autre temps. J’ai dégagé le soubassement psychique de cette gestion de la pandémie qui a été très technique, où on a pris au plus simple : confiner tout le monde ce qui a d’ailleurs largement propagé le virus.
Et que signifie déjà ce titre l’expiration qu’est-ce qu’on a expier

La bande mentionne d’ailleurs comme un sous-titre qu’avons-nous payé ? quand on vit un événement pénible collectif ou subjectif, il faut se demander qu’est-ce qu’on a payé ou qu’est-ce qu’on nous a fait payer ou quand il vous arrive des tuiles qu’est-ce que je me fais payer là ? On trouve toujours des choses intéressantes, qu’on avait refoulées.

Par exemple ?

Je montre que cette gestion de la pandémie a scanné le système où nous vivons, où il y a l’horreur de l’initiative, la peur de perdre le contrôle, où  le plus pratique pour le système, son souci majeur n’est pas la vie réelle des gens mais son fonctionnement à lui. Mais au-delà de ces  question qui touchent aussi à la production (souvenez-vous, on a été incapables de produire des masques, on a préféré les attendre), on a été mis au pas au nom d’une loi qui se prétendait scientifique alors que le savoir sous-jacent était rudimentaire et souvent contradictoire.

Justement, pourquoi cette gestion a été si contradictoire ?

Je montre qu’elle s’organise selon deux axes, un axe névrotique et un axe pervers. Un exemple de l’aspect  névrotique, c’est la culpabilité de faire la différence dès le début, quand les tests sont devenus assez opérant, entre les personnes atteintes et les personnes non atteintes. or il ne s’agissait pas de discriminer mais de différencier, de tester, tracer isoler le groupe des personnes atteintes. J’analyse pourquoi on a préférer tout mélanger pour ensuite guetter les courbes, et traité la société comme un grand corps malade un d’un seul bloc ; cette phobie de la différence va loin c’est la même qui vise la différence des sexes la différence des identités.

Mais justement, aujourd’hui on fait la différence

Oui, le déni de la différence fait qu’elle revient en force sous des formes plus lourdes. Il y a aussi la dimension perverse que j’analyse, qui est celle du système pas forcément des responsables. la perversion c’est au minimum de casser l’autre, de l’empêcher de s’exprimer et de réagir ou même d’exister ; et là ça s’est fait en douceur ou non d’une loi dite scientifique

Est-ce que vous ne suggérez pas que les confinements, on pouvait s’en passer ?

Je ne le suggère pas, je le démontre.

Merci DS, je rappelle…

Entretien avec Steve Nadjar, Radio J, le 13 septembre 2021