Suite à l’attentat de Bruxelles. Un scénario bien établi.

Le protocole est maintenant bien établi : attentat islamiste aux cris d’Allahou akbar, foule européenne désemparée avec ses morts et ses blessés, information officielle qui d’abord minimise et qui, devant la dure réalité, exprime le « deuil profond », la vigilance nécessaire, etc., et pour paraître lucide quant à l’avenir, annonce qu’ « il y en aura d’autres ». Le plus étonnant n’est pas qu’il y ait ces attentats. L’idée qu’il puisse y avoir de fortes concentrations arabo-musulmanes sans qu’il y ait parmi elles un pourcentage conséquent, entre 10 et 15% au minimum, d’intégristes violents – est une idée aussi bête et ignare que de croire que dans le Coran, livre noyau de l’islam, il n’y pas un pourcentage conséquent d’appels au meurtre des incroyants c’est-à-dire des non-musulmans. On continue à nier cette évidence, qui s’imposera avec le temps, car le Livre saint est en vente libre et malgré les traductions édulcorantes, la chose finit par se savoir. L’étonnant est plutôt l’invariable ignorance – réelle ou feinte, selon les cas – qui entoure ce fait à la fois évident et nouveau dans l’espace culturel humain depuis la nuit des temps : un appel à combattre l’autre au nom de « Dieu ». Par ailleurs, on sait que dans un groupe, il suffit de 10 % d’actifs pour y faire la loi, même sans terreur. Autrement dit, la masse restante des arabo-musulmans de Belgique ou de France est livrée à cette loi, et  malgré les protestations de quelques isolés, cette masse qui était venue en Europe pour améliorer ses conditions de vie, et peut-être aussi, confusément, pour échapper au carcan islamique, se trouve embringuée dans le programme fondamental : la conquête islamique, pacifique ou violente, de tout territoire possible. Cette prétention originaire, qui fut le moteur des djihads où s’est formé le vaste empire arabo-musulman, est soulignée par des islamologues sérieux : par exemple, Christian Jambet notait récemment: « L’islam est aujourd’hui la seule religion qui, à l’échelle mondiale, s’impose de façon militante, se propose comme avenir de ce même monde. »[1] C’est dit en termes arrondis mais l’idée est très claire : il se propose de s’imposer comme notre avenir, ou il s’impose pour se proposer comme issue (notamment à cette terrible « carence spirituelle » dont souffrirait l’Occident et que le monde islamique semble avoir si bien comblée, de tout temps…)

 Les pouvoirs européens n’en sont même pas à comprendre la division du travail qui se fait d’elle-même, après chaque attentat, entre l’islam qui terrorise et  l’islam qui apaise, et qui vient à la rescousse expliquer « le vrai islam », qui  « n’a rien à voir avec ça », et qui à force de discours prosélytes améliore son installation laquelle produira tout doucement ses franges extrémistes.

Parmi les responsables, la tendance restera vive de classer les djihadistes comme psychopathes, criminels, etc., d’autant que certains ont déjà un casier judiciaire. Or s’ils sont des hors-la-loi, c’est hors de la loi de l’autre et de sa société « pourrie », que leur posture identitaire les appelle à combattre ; cette loi dont en même temps ils tirent profit pour renforcer l’installation.

[1] Le refus islamique de la mondialisation, Revue des Deux Mondes, février 2000.