Les Kurdes de Syrie abandonnés

Les Kurdes de Syrie abandonnés

Les Kurdes de Syrie sont laissés seuls face aux Turcs qui vont les écraser. C’est lamentable, pas seulement pour les États-Unis, quel État européen, latino, africain ou arabe, quel indien ou quel chinois est prêt à les rejoindre pour se battre avec eux ? Il est vrai que les États-Unis avait promis leur soutien en échange du soutien kurde à la guerre contre Daesh. Et puis ils se ravisent, voyant que ça leur coûterait trop cher, ils ne veulent pas se mettre à dos la Turquie, qu’ils auront bien sûr à dos s’ils prennent des mesures de rétorsion économiques, que peut-être ils ne prendront pas… C’est dire qu’il ne faut pas les idéaliser, ni pour les exalter (le risque est faible), ni pour les fustiger. Les États-Unis sont un pays pragmatique, ils sont venus par deux fois sauver l’Europe du chaos, mais déjà pour entrer dans la Seconde guerre il leur a fallu Pearl Harbor, soit une énorme humiliation. Ensuite ils ont visé Berlin puis la guerre froide mais, par exemple, ils n’ont pas dépêché la moindre force pour briser l’infrastructure des Camps de la mort dont ils étaient très informés.
Malgré certaines bêtises mortelles et ravageantes comme le Vietnam, les États-Unis ne sont pas la force du mal que croient certains mais ne sont pas pour autant une force du bien.. Y en a-t-il d’ailleurs ? Serait-ce l’Europe ? Elle s’occupe, comme eux, à se faire du bien à elle-même et ce n’est même pas toujours réussi.
Quant aux Kurdes, c’est un peuple vaillant qui accumule les malchances d’exister sur plusieurs États où il doit tantôt aider à des guerres dont la victoire lui échappe, (en grande partie : il a quand même quelques bénéfices en Irak), tantôt supporter la folie tyrannique des plus forts, comme la Turquie. Il ne peut pas faire valoir sa bonne conduite pour obtenir l’indépendance car la bonne conduite n’est pas un bien très monnayable sauf quand on est fort, auquel cas c’est un luxe inutile.
La dispersion de ce peuple et ses malheurs font penser au peuple juif. Celui-ci s’est mieux débrouillé, mais c’est que dans sa dispersion, il avait une puissance, une force centralisante énorme, la Bible qui lui assigne un territoire dans le temps long. Et quand l’occasion s’est présentée, cette force a pleinement fonctionné pour le rassembler et lui donner une souveraineté. Les Kurdes n’ont pas d’objet équivalent, leur histoire et leur langue ne parviennent pas à être un attracteur assez puissant pour balayer ou pour tromper les manœuvres adverses ; d’autant que pour être un État, il leur faudrait prendre sur des États souverains, mais lequel accepterait l’a moindre amputation ? Ce qui est sûr, c’est que par leur nombre, une quarantaine de millions, les Kurdes ne risquent pas l’effacement, ils tiendront bon jusqu’à ce que le poids des malchances soit au moins équilibré voire inversé par le poids des bonnes occasions.

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