Coronavirus II

La pandémie Corona (suite)

Le confinement s’étend sur la planète, de grandes villes désertes se renvoient leur silence d’un continent à l’autre, la planète est unifiée sous le regard d’un virus qui veut jouer les tyrans absolus et qui n’en a pas la force mais quid de la prochaine fois ? Cette catastropheavait été prévue par un rapport de la CIA en 2010 (commenté par Alexandre Adler dans un livre éponyme) ; il prévoyait un virus très virulent venu de Chine, là où les conditions de production sont les plus folles (capitalisme communiste, cumulant les deux tares et orchestré par un Parti totalitaire de 90 millions de membres.) Le virus envisagé « devait » faire, dans le monde occidental, entre 10 et 100 millions de morts. Ce ne sera pas le cas, très loin de là, non seulement parce qu’il n’est pas si violent mais parce que la planète réagitplutôt bien, notamment en Occident. La plupart, même s’ils rechignent, comprennent l’enjeu, ils tiennent à leur peau donc ils se protègent et ils tiennent à leurs proches, donc ils font en sorte que ce beau geste :protéger les autres de soi, finisse par aller de soi ; avecau départ une rigueur variable ; les Allemands sont plus disciplinés, on s’en doutait, mais la rigueur s’égalisepuisqu’elle devient quasi-totale.


Il y a bien sûr des angoissés qui vont souffrir du confinement et qu’on aidera. Mais déjà il apparaît, suite par exemple aux séances par téléphone, que si l’angoisse est un vide de repères, ce même vide, dans ces conditions limites, peut devenir un repère apaisant puisque tout le monde est dedans. Certains peuvent pousser la hardiesse jusqu’à être face à eux-mêmes et à questionner leur vie. D’autres m’ont même paru presque pressés d’arriver au « vrai » confinement, comme fascinés par l’épreuve d’être enfin seul devant ce vide qui rodait. Les hauts responsables, eux, pourraient, face au désastre économique qui accompagne cet événement, poser certaines questions qu’ils n’osaient pas aborder ; cela leur était impossible vu la pression économique du géant chinois qui, si on le mécontente, ou si on pointe ses abus, peut aussitôt vous mettre hors-jeu. La pandémie est sans doute le symptôme d’une situation précise qui s’appelle mondialisation ; ou plutôt, c’est une catastrophe qui signale des tensions et des symptômes informulés. C’est à établir de façon précise, mais déjà comme tout symptôme qui se déclare, surtout à cette échelle, cet événement énorme, cette secousse d’être questionne nos ancrages existentiels. En même temps, il ouvre de nouveaux possibles, comme la remise en cause de toutes sortes de compromis sur lesquels on faisait silence. Par exemple, l’appât du gain de grandes sociétés occidentales qui les a poussées à brader des technologies précieuses à la Chine et à nous rendre dépendants d’elle pour ces mêmes technologies.L’obsession du « marché chinois » dont la taille énorme promettait des profits juteux, a fait qu’on a aidé un grand pays peu développé et mis au pas à devenir une superpuissance dont l’emprise implacable lui permettous les dérapages.

Le silence des dirigeants européens face à la Chine, se répercute aussi dans le silence des villes d’Europe. L’un des possibles qu’apporte ou qu’impose l’événement c’est de revoir à fond la mondialisation, de scruter les abus qui s’y cachent, les ravages qui se font en son nom mystérieux derrière lequel s’activent des intérêts qui priment sur celui des populations.

Si l’événement ne rend pas possibles de sérieux remaniements, il n’aura été qu’un désastre, un tsunami de silence emportant quelques milliers de corps.Étonnante coïncidence, nous sommes dans une société du digital et du tactile sinon du tact, et voilà que s’impose l’interdit de (se) toucher. Espérons que les règles du jeu planétaire, elles, on pourra y toucher, ellesqui rendent possible cette folie où toute une planète est« fermée ». Y toucher sans la peur de contrarier les plus puissants. Il faut que les peuples aient pour le coup voix au chapitre, avant la plaie suivante.

Pour l’instant, on est face à un événement unique qui n’a pas fini de lâcher les temporalités qu’il contient ou qu’il retient en mémoire. Il est unique dans l’histoire humaine que tout le monde fasse le même geste, ait le même adversaire microscopique, que nos grandes villes soient des décors de cinéma où il n’y a rien à « tourner » car rien ne tourne. Alors, « où est l’erreur » ? À quel niveau est-ce que cela s’est grippé et a mal tourné ? Les gens ont beau être sereins, peut-on encaisser le coup sans questionner le processus où ce scénario s’est écrit ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>