Pollution symbolique


Après l'attentat de Bruxelles contre le centre culturel juif

    Ce qui est remarquable, c'est l'effort des autorités pour nier que c’est un acte antijuif ; les autorités belges, mais aussi françaises (Hollande a exprimé son soutien… au peuple belge). En somme, une voiture s'arrête devant un centre culturel juif, un homme descend, tire sur des personnes qui s'y trouvent et s'en va laissant quatre morts, et ça n'a peut-être rien à voir avec les juifs. Il est clair que pour trouver le tueur ont va chercher dans l'extrême droite antisémite et dans les réseaux islamistes. Si c'est le premier cas qui s'avère, ce sera plutôt pratique : les nazis, l’horreur… Si c'est le second cas, comme c'est probable, ce sera très embêtant, car les autorités, qui connaissent bien les textes fondateurs, nous apprennent que l'islam n'a rien à voir avec la violence envers les autres. C'est ce credo qu'il faut assimiler si l'on veut protéger le vivre ensemble, même si ce vivre est un peu mortel. Ce fut le même montage qui a laissé faire le tueur de Toulouse  dans une école juive, lui-même mû par la vindicte antijuive inscrite dans les Textes fondateurs, qui se transmet au fil des générations ; et qui fait que Erdogan, premier ministre turc, peut traiter un mineur qui manifeste de « semence d'Israël » c'est-à-dire le traiter de juif, tout simplement ; cela suffit à faire insulte. Les tueurs, eux, ont besoin de le dire avec des balles, mais cela procède de la même veine. 
    Donc, rien de nouveau si ce n'est que la lâcheté des autorités  dépasse les bornes. Si un fou tire dans la rue et tue des passants parmi lesquels il y a un juif,  il n'y a pas de pensée d'avance que c'est un acte antisémite ; mais s'il va chercher des juifs dans leur lieu d'être, la prudence dont ont fait preuves pour dire que c'est antisémite, mais n'est qu'un masque de la lâcheté. J'ai montré dans mon livre Islam phobie culpabilité que cette lâcheté est plus dangereuse que les intégristes islamiques, car elle défait la loi qui devrait les contenir, comme le souhaitent d'ailleurs les musulmans modérés. Lesquels, jusqu'à présent, s'en tiennent aux souhaits : on ne les a pas encore vus descendre dans la rue pour dénoncer de tels actes. Pourtant cela leur ferait du bien.
    Naguère, devant les actes antijuifs du pouvoir nazi, ce sont les masses qui ont fait preuve de lâcheté. Aujourd'hui on a une innovation : c'est l'instance de la « loi » qui est lâche, et qui ment car elle proclame sa compassion pour les victimes, elle a un culte pour la mémoire de la Shoah, avec des « plus jamais ça » à profusion. J'ai montré que ce sont les autorités étatiques qui organisent la phobie de l'islam en empêchant d'évoquer la vindicte antijuive que contiennent ses fondamentaux, et que ces activistes passent à l'acte. Leur violence, dans l'optique officielle, ne peut se comprendre que comme celle de cas sociaux, d'individus déclassés, sans travail, etc. Ce déni de réalité est plus pervers que les actes eux-mêmes, qui ont au moins le mérite de la franchise. Il est plus nocif, car il permet de tels actes (on n'arrête pas leurs auteurs avant qu'ils n'agissent, car ce serait les stigmatiser, ce serait les pré-juger en fonction de leur religion, dont on n'a pas à se mêler, puisqu'on est des laïcs, etc.)
    Si ce schéma prévaut, c'est une vraie pollution symbolique, qui abaissera énormément la qualité de l'air qu'on respire, ne laissant d'autre choix qu’entre un peu plus de lâcheté et une certaine suffocation.