Guerre, politique, et perversion

            On dirait que ces temps-ci la politique mais aussi la guerre vont chercher du côté de la perversion de petits montages en vue d'améliorer leurs performances, d'affiner leurs stratégies.

            Côté guerre, la stratégie de type Hamas, Hezbollah, etc… est d'exposer ses civils, femmes et enfants de préférence, de les faire massacrer pour déconsidérer l'adversaire.

            Côté politique, j'ai vu hier que le chef de l'UMP admirait presque la manif de masse qui aura lieu jeudi: "Les gens ont besoin de s'exprimer, ils sont inquiets, c'est normal. Ce sera très important" (sic). Pendant que les sous-fifres de la droite déplorent cette journée de grève comme du travail "perdu" (!), voilà qu'un homme croit plus subtil d'approuver l'adversaire en vue de le récupérer, si peu que ce soit; de lui monter dessus voire d'adopter son discours pour l'infléchir dans le "bon" sens.

            Ce que signale ce recours aux "trucs" pervers, c'est que les conflits sont plus aigus, plus radicaux, presque intraitables; et qu'en même temps, on cherche la sympathie du Tiers, de l'Arbitre hypothétique qui regarderait la bataille et dont la sympathie ferait basculer la balance.

            Côté guerre au Proche-Orient, le Tiers serait le Public spectateur qui regarde sa télé et qui s'émeut; il irait peut-être s'attaquer à ceux qui ne sont pas du bon camp? Espoir vain, car ledit Spectateur garde aussi toute sa tête; ce n'est pas toujours l'homme viscéral qu'on voudrait manipuler.

            Côté politique, c'est encore plus aléatoire: le Tiers en question a toute chance d'être dans la rue, il fait partie de ceux qui sont lésés, qui manifestent. Et la loi du bon fonctionnement – surtout depuis la Crise – n'a plus de porte-paroles crédibles pour jouer les Arbitres.