du 11/10/06 – Image médiatique et Proche-Orient

Lorsqu’on dénonce l’image que les médias donnent du conflit au Proche-Orient, on a tendance à prêter aux médias des intentions malveillantes envers Israël ou envers les Etats-Unis.

Or même si ces intentions existent ça et là, il n’est pas essentiel de les pointer, d’autant qu’elles ne sont pas simples à prouver. En revanche, il suffit que les médias occidentaux fassent leur travail, le plus simplement du monde, pour produire des images qui condamnent Israël et l’Amérique. Pourquoi? Parce que la stratégie du Hamas, du Hezbollah, d’Al Qaïda et autres milices intégristes – est fondée sur une logique de prise d’otage qui consiste à porter des coups à l’ennemi (Israël et soldats US), des coups relativement modestes, et à attendre la réaction de l’ennemi, forcément disproportionnée, dénoncée comme telle. Mais elle ne peut pas être proportionnée, puisque les combattants islamistes se cachent derrière les populations. On la dénonce comme provoquant des dégâts, appelés à tort collatéraux puisqu’ils sont énormes et inévitables. Autrement dit, les médias européens ne font, dans leurs images du Moyen-Orient, que dénoncer à tour de bras Israël et l’Amérique, qu’ils en veuillent ou non à ces deux pays. Ajoutons qu’un petit brin de raffinement critique envers les siens amène les médias à être encore plus tatillons et par exemple à s’indigner de chaque bavure, elle aussi inévitable, (comme des abus de quelques cinglés parmi les soldats américains, cinglés dont l’absence serait aussi inquiétante que la présence).

Quand des reporters européens veulent nous prouver que ce qu’ils montrent c’est la pure vérité, c’est là qu’on peut voir à quel point, sans mauvaise intention, ils sont totalement manipulés par la stratégie perverse, et pratiquement incapables de la percevoir. C’est en ce sens que les forces islamistes ont intégré à leur tactique ces médias occidentaux, qui ne s’en doutent pas mais sont convaincus d’œuvrer pour la "vérité".

Cela dit, suffit-il d’une stratégie de prise d’otage et suffit-il d’avoir avec soi comme instrument inconscient une bonne partie des médias occidentaux, pour gagner? Il semble que non. Du reste, les médias voient leur influence diminuer chaque jour davantage sous le coup d’autres médias plus éclatés, comme l’Internet. Il est vrai que le web est aussi envahi par la même propagande, mais c’est normal et c’est plus franc.