Un cas unique dans l’histoire

La situation au Proche-Orient, bien que tragique, est étonnante de nouveauté ; elle est même unique dans l’Histoire. Jamais on n’avait vu un peuple entier pris en otage par une armée en guerre contre une autre.

Les Hezbollah prend en otage le peuple chrétien du Liban (et une petite minorité de Libanais musulmans qui préfèrent le « convivial » – vivre avec l’autre – au « fondamental » – détruire l’autre d’abord pour être conforme à ses fondements).
De sorte qu’Israël ne peut riposter sans nuire à ce petit peuple libanais ; lequel ne peut même pas déplorer d’être pris en otage. Il se ferait battre par ses gardiens. Il peut tout juste déplorer la violence, les pertes injustes ; ces déplorations ne gênent pas ses gardiens intégristes qui se cachent derrière lui pour tirer leurs missiles, au contraire.

Au-delà de cette scène unique, il y a un Etat, l’Iran, qui veut détruire Israël, par haine fondamentaliste d’un Etat Juif. Pour cela, au lieu de l’attaquer directement et franchement – ce qui lui vaudrait une riposte sans réserve – il se sert d’une légion, le Hezbollah, qui prend en otage tout un peuple, lequel n’a rien à voir dans cette histoire (entre l’Islam radical et le peuple Juif).

On retrouve là une loi précise de la psyché humaine, personnelle ou collective : une identité totalitaire (ici, l’Iran comme emblème de l’Islam radical), dans le combat sans fin qui l’oppose à ce qu’elle hait (ici Israël) est amenée à programmer la ruine du tiers (ici le peuple chrétien libanais) dont la neutralité lui est insupportable.

Le pourquoi de cette loi est complexe. Il semble que le tiers, surtout neutre, soit une menace pour la totalité fanatique (alors que son ennemi déclaré – ici Israël – la confirme).

Mais elle a besoin de lui comme instrument de sa conduite forcément lâche, qui craint l’affrontement direct. Sa tactique, c’est d’obliger l’ennemi à limiter ses coups pour ne pas paraître inhumain ou dément.

Ce risque d’être inhumain a été relevé par les trois grands écrivains Israéliens : Yehoshua, Oz et Grossman ont publié un appel pour modérer l’Etat hébreu en disant que son action touchait trop les Libanais et surtout avait atteint ses buts pour l’essentiel. C’était juste avant l’attaque sur Haïfa et sur les réservistes.

Comme quoi on peut raconter des histoires géniales, dans des romans sublimes, et avoir du mal à prendre place dans sa propre histoire, celle qui vous submerge. Tant mieux. Les histoires, ce n’est pas l’Histoire.

3 réflexions au sujet de « Un cas unique dans l’histoire »

  1. tourn

    cette dernière phrase me semble essentielle pour comprendre le décalage entre l’interprétation d’enjeux historiques et personnels – et le risque de ne plus voir les actes ou les pensées d’une personne que sous un angle identique à celui des « entités » ou identités qui l’englobent (judaïsme,islam,exil,occident, psychanalyse, femme, homme, artiste,etc…)
    m

  2. anabase

    le Hezbollah prend donc en otage les Libanais ! Fort bien ! Un Etat souverain est agressé et en parti détruit par un autre état.; ledit état n’hésite pas à bombarder massivement les infrastructures y compris dans des zones peu ou pas occupées par le hezbollah; ce même état bombarde des soldats de l’ONU, déclenche une marée noire; rompt la trêve qu’il avait pourtant acceptée.
    Mais naturellement, c’est le « Hezbollah qui prend en otage la population Libanaise »…!!!
    Comme quoi on peut être un psychanalyste reconnu et être en même temps un porte parole des plus plats et de plus dénués de sens critique du gouvernement Israélien…
    Mais le thème « les intellectuels et la propagande » est passionnant en lui-même. D’Aragon à Sibony, que de choses à dire :-) !!

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