Appartenance et Foi

         Hier, j’ai été à l’hôpital voir un ami médecin, et une jeune femme africaine m’a parlé des bienfaits de la greffe qu’elle avait eue. Elle parlait de ce bienfait en le reliant aux bienfaits de Dieu : c’est ma foi qui m’a porté dans les moments de détresse, c’est lui qui m’a aidé et m’a soutenu dans l’épreuve, etc. Elle est musulmane. Je lui ai dit que ces paroles se trouvaient telles quelles dans les Psaumes – « Qu’est-ce que c’est les Psaumes ? – C’est un livre qui fait partie de la Bible et dont le nom exact c’est Gloires, ce sont des poèmes qui glorifient l’être divin ». Elle ne connaissait pas la Bible non plus.
Et voilà que ce matin en terminant mon café, j’ouvre la radio, c’était France Culture qui commençait une série d’émissions sur l’Islam ; que d’aucuns qualifieraient de propagande puisque la conquête d’un vaste empire par le Sabre et le Coran y semble une expansion naturelle sans aucun détail sur l’islamisation des pays successifs ; mais peu importe. L’homme qui parlait d’une voix grave et fervente disait que « l’Arabie est une presqu’île qui porte la marque de Dieu » puisque lorsqu’elle fut créée, Dieu lui a demandé : « Comment traiteras-tu tes enfants ? » Elle lui a répondu : « Je les porterai sur mon dos dès lors qu’ils chanteront ta gloire. » Cela m’a rappelé que l’effort de Mahomet puis son vœu final, qui fut accompli, a été d’éradiquer toute présence juive ou chrétienne d’Arabie. Pourtant ces juifs et ces chrétiens chantaient la gloire de Dieu dans leurs Psaumes. Mais justement, des paroles que l’islam peut cautionner, à la gloire de Dieu, mais qui ne sont pas dites sous le signe de l’islam et en son nom, n’étaient pas admissibles. Mahomet l’a dit clairement de son vivant à une dame qui le questionnait là-dessus : même une parole vraie sur la religion, dite par un non-musulman, n’est pas admissible alors même qu’elle procède des sources de l’islam, à savoir la Bible ; il faut qu’elle soit dite au nom d’Allah et de son prophète. Autrement dit, l’appartenance à la Oumma importe plus que le contenu des paroles qui la fondent puisque celles-ci se retrouvent dans d’autres textes qui ont servi de source. En somme, le projet est avant tout politique et communautaire, avec des mots d’ordre en principe unificateurs, faits pour forcer les gens du Livre (juifs et chrétiens) à se rallier, puisque ces paroles ne font que répéter leurs croyances tout en les simplifiant. Ces mêmes paroles, jointes à la force des armes devaient aussi rallier la masse des non-croyants en leur révélant l’existence d’un Maître absolu du monde, qui ne demande qu’une chose : la soumission. Les musulmans étaient soumis à Dieu, et les autres devaient se soumettre aux musulmans avant de le devenir à leur tour.